Le Roman de Violette, Les Cousines de la colonelle et Gamiani

1.1.         Le Roman de Violette et Les Cousines de la colonelle

La fin, malheureuse et épique, rapproche Le Roman de Violette du roman de la Marquise de Mannoury d’Éctot Les Cousines de la colonelle, qui malgré son genre érotique s’inscrit néanmoins très bien dans le groupe des romans “pour la lecture en famille”, car il fait passer devant le lecteur/la lectrice toute une vies des personnages  (presque comme dans le Roman de Violette d’ailleurs) et même dresse le bilan sous forme de morale: “Décidément, les proverbs sont la sagesse des nations, car vouû le voyez, l’on revient toujours à ses premières amours”[1].

On reconnaît indubitablement dans Les Cousines de la colonelle l’inspiration d’une femme à la façon dont le sentimentalisme s’entortille au libertinage, dans cette histoire du marriage des deux soeurs Florentine et Julia, arrangé par leur cousine, la colonelle Briquart. En effet, La colonelle Briquart n’est pas du tout leur cousine, mais la cousine de leur père qui, mourant, lui a confié ses filles. Pourtant dans ce roman, ainsi que dans la maison de madame Briquart on appellee “cousin/cousine” absolement tout le monde.

Donc Florentine épouse Georges Vaudrez, que l’on appellee aussi “cousin”, mais qui est en réalité le neveu du mari décédé de madame Briquart. C’est avec les relations de Florentine et de Georges qu’entre en vigueur le théâtre érotique, pas moins excitant et ironique que dans Le Roman de Violette. Et de nouveau (adverbe pas tout à fait juste, parce que le Roman de Violette a été écrit bien après Les Cousines de la colonelle) l’instrument de la force sexuelle masculine devient ridiculisé. Il a été ridiculisé dans le Roman de Violette par les démonstrations de Florence, quand elle faisait voir à Odette son exposition de phallus, et qu’elle en ont après essayé plusieurs.

Dans les Cousines Georges, le mari de Florentine, à l’âge de cinquante-cinq ans n’était pas assez fort pour “prendre possession de la forteresse, qui se rendait à merci”[2]. Alors la nuit de noces est décrit d’une manière à faire rire le lecteur/la lectrice et certainement pour humilier le peuvre homme: “Imbécile, pensait-il, aussi pourquoi n’ai-je pas pris les gouttes fortifiantes que m’offrait Albert”[3].

La nuit suivante les procédures, accomplies par Georges avant d’aller au lit, se présentent aussi d’une façon exagérée et ironique: “Georges entra chez lui, se déshabilla, se plaça dans son tub, se versa le long de léchine, puis sur tout le corps, un broc d’eau glacée, prolongea la douche sur le member destiné au combat, et après s’être essuyé soigneusement, s’humecta le dos, les reins, les bras, les aînes, les cuisses, avec une éponge imbibée d’eau de Hongrie dont les emanations opérèrent après l’eau froide un premier mouvement de réaction tonique. Cela fait, il endossa sa robe de chambre, avala une tasse de thé vanilla, au parfum duquel se mêlait celui des gouttes aphrodisiaques qu’on lui avait apportées…”[4]

Toute cette longue citation pour dire deux choses: d’abord que l’amour comme spectacle exige les preparations – Georges aussi bien qu’un artiste avant de venir sur la scène exerce tout le nécessaire dans la coulisse, et la narration crée l’effet de la duplicité, de la fausseté, de l’illusoire, du burlesque des actions amoureuses qui ont lieu après; et puis, au niveau des caractères des personnages, les lecteurs/lectrices se dégoûtent rapidement des images masculines de la narration – images faibles, saugrenues et même pitoyables. Le deuxième homme du roman, Gaston Saski, n’est pas une exception.

De son côté, Julia se donne au vicomte polonais, Gaston Saski, et parcourt toute la gamme de voluptés; mais ilest constraint par sa famille d’épouser une autre jeune fille, et Julia se verra finalement mariée à un général espagnol en âge d’être son grand-père.

Ce qui rapproche le personnage de Florentine du personnage de Violette, c’est l’état de la virginité et la méconnaissance absolue des relations sexuelles des femmes et des hommes. Aussi bien que dans Le Roman de Violette l’homme apprend à la jeune fille innocente les distinctions physiques des hommes (même si ça se fait d’une manière plus vulgaire et moins historique que dans Le Roman de Violette), et l’initie aux plaisirs de l’amour.

Dans la seconde partie du roman, publiée en 1885 Florentine et Julia devenues veuves décident de mener à Paris une vie de plaisirs secrets. Se faisant appeler Grenade et Pervenche, ells invitent par lettres des hommes dans un hotel particulier où ils sont introduits mystérieusement: ells les reçoivent masques, et après le jeu d’amour, ils se retirent sans rien savoir d’elles. C’est ainsi qu’elles favorisent de mondains du Cercle des topinambours, puis le peintre Michel Lompret dont Julia s’éprend. Le récit est parsemé de recommandations sur la façon de déshabiller et de caresser une femme, sur la science des préliminaires, sur les points sensibles à toucher quand on se veut “fidèle observateur du precept qui dit aux maris, aux amants, que toujours avant de rentrer un homme poli sonne”. Si Mme de Mannoury conseillait ainsi les clients de son agence matrimoniale, elle a dû faire des heureuses.

En même temps les deux soeurs discutent leurs passions et leurs amours physiques et garde les relations très proches, à tel point que le plaisir réciproque sexuel devient pour ells un passé-temps préféré. Donc l’amour physique entre les femmes figure dans la narration des Cousines aussi bien que dans le Roman de Violette. Et aussi bien que dans Violette il intervient dans le processus un troisième agent à savoir – la discrète femme de chambre Dorothée. D’abord Dorothée se tient à l’ombre comme un voyeur, après – “Dorothée joua son va-tout en se retroussant prestement et en découvrant aux yeux de Florentine, qui un peu revenue de son extase, regardait silensieusement la scène étrange qui se jouait sous ses yeux, — découvrant , disons-nous, un magnifique engine masculine de forms parfaits et de proportions respectables”[5].

Danc le personnage de Dorothée présente à son tour, après Florence dans Violette, une sorte de hybride, quoique ses instruments ne soient qu’accessoires.

Pourtant ce ne sont pas uniquement les lignes de la narration, les sujets, qui rapprochent Le Roman de Violette et Le cousines de la colonelle. Le style de la narration est à peu près le même ce qui suggère des doutes concernant le sexe de l’auteur du Roman de Violette.

Ce n’est pas par hasard que Saran Alexandrian en parlant des Cousines confirme qu’on y sent la la presence d’un esprit fort féminin qu’il associe avec le personnage de la colonelle/ Le lecteur/la lectrice ne connaît pas le narrateur des Cousines, parce qu’il ne se montre pas, il ne s’appelle pas, il pretend être personne et en même temps savoir tous les détails de la vie intimes des personnages. Cependant il est vrai que l’intonation du narrateur semble démasquer une dame expérimentée, qui n’a pas hâte à tout raconteur, qui prend son temps, qui donne à la narration ce caractère lent, mais évolutionniste de l’existence d’un homme.

Car et le Roman de Violette, et Les cousines de la colonelle sont les oeuvres qu’Annie Ernaux aurait pu appeler “romans scientifiques” ou “de recherche”, dont la matière première est le temps/la mort. Et la vie érotique des personnages n’est qu’un côté de leurs existences.

La Marquise de Mannoury d’Ectot  dans les Cousines adapte une vision globale de la vie dans toute sa durée (“l’ardeur spéciale de la prose qui s’apparente  au besoin de penser dans la durée”[6] – Nicole Brossard), d’où, à mon avis, le style tranquille et solide, propre à une épopee qu’aux oeuvres érotiques. On y trouve, certainement, du dynamisme, mais on s’apprête du tout début à la narration paisible et mesurée. Une des soeurs dans les Cousines à un moment donné dit qu’après les plaisirs de l’amours “un apaisement sensual s’est évidemment produit en moi”. Et pourtant ce n’est pas du tout ce qu’on attend des relations sexuelles.

La musicalité des textes est difficilement comparable, parce que la littérature est une “existence” moins réglée que la musique. En même temps dans la littérature la présence du rythme, des intonations, des culminations, d’accélération, de chute – est gérée par la syntaxe, et celle-ci determine sur le plan textuel-sonore le caractère de la narration. Car en périphrasant la pensée du poète québécois Nicole Brossard: la prose est un piano blanc.

Le Roman de Violette commence ainsi: “J’ai passé sur terre des milliers d’années, paraît-il, j’ai promené l’essence spiritualiste de mon être à travers la chaîne des creatures humaines, avant d’arriver à compter au nombre des citoyens de la planète Mars, mon domicile actuel”.

Les Cousines de la colonelle commence ainsi: “Une de ces pluies fines et glacées, comme décembre en tient souvent en réserve, tombait dru sur la cite. Aussi les passants étaient rares dans la rue d’Assas”[7].

Les mélodies semblables  de ces deux phrases sautent aux yeux (aux oreilles) tout de suite, mais essayons d’anlyser à quoi est due cette similitude.

La première chose c’est la resemblance sonore qui se repère: “J’ai passé” et “Une de ces”, les mots riment. La deuxième chose est, à mon avis, la durée de la première “période” musicale c’est dire la durée de la première intonation achevée. Roman de Violette: “J’ai passé sur terre des milliers d’années, paraît-il” – Les cousines de la colonelle: “Une de ces pluies fines et glacées”. La quantité des accents dans ces deux “périodes” se révèle être la même: J’ai passé sur terre des milliers d’années, paraît-il — Une de ces pluies fines et glacées. À remarquer que dans les deux phrases du tout début le narrateur ne peut pas se passer des expressions d’introduction: “paraît-il” et “comme décembre en tient souvent en réserve”. Ce sont les “symptomes” de la narration lente, épique, historique. Il ne s’agit pas du récit momentané, rapide, au présent, dont Sade et Bataille valorisaient tant l’importance.

La troisième chose à observer est le point final des deux passages: 1) …avant d’arriver à compter au nombre des citoyens de la planète Mars, mon domicile actuel; 2) Aussi les passants étaient rares dans la rue d’Assas. Les récits sont entamés comme les rapports de police – le narrateur annonce aux lecteurs/lectrice le domicile des personnages. Et mieux encore – il le fait en mettant de nouveau les accents identiques: Mars, mon domicileactuel — … rares dans la rued’Assas.

Le rythme des texte s’accorde avec les thèmes des textes qui sont aussi similaire: l’initiation de la jeune femme à l’amour, l’amour lesbien, la société paresseuse aristocratique avec des groupes des gens très raffinés et artistiquement ouverts (par exemple, le narrateur du Roman de Violette fait de l’écriture, fait ses études aux différents musées, et les soeurs des Cousines de la colonelle s’intéressent à la peinture: “Mme de Corriero n’était pas une artiste dans le sens absolu de ce mot, elle tenait fort mal un pinceau et n’avait jamais manié un ciseau, mais elle avait su suprême degré l’amour du beau”[8]).

Ce qui fait aussi partie des traits communs des deux livres (et marque plutôt la littérature érotique du XVIII siècle) ce sont les intérieurs splendides des hôtels, des châteaux et des maison en général, qui, paraît-il, preque rivalisent avec la beauté des corps humains. Au XVIII siècle les repas et tout ce qui concerne les plats de luxe – avaient aussi un peu cette fontion de rival ou de comparé. La bonne et la belle chair constituaient  à peu près le même niveau du plaisir.

Les intérieurs magnifiques (“J’étais dans une grande et haute pièce entièrement tendue de peluche réséda, sur laquelle serpentaient de capricieuses arabesques de fleurs aux nunces vives, étalant le rouge de leurs opulentes corolles sur des feuillages délicieusement coloriés”[9]. – Les Cousines de la colonelle), les vêtements somptueux et les repas délicieux forment l’impression de la plénitude du plaisir. Comme si la jouissance était un acte qui exige la perfection et la préparation, les répétitions  (dans les Mémoires de Casanova le personnage fait le même repas deux fois pour que celui, partagé avec son amante soit parfait) – tout comme une pièce de théâtre.

En même temps que tout est beau, tout le monde est aussi beau. Tous les personnages sont nécessairement parfaits, les hommes comme les femmes. On peut comparer la déription de Violette avec celle d’une des cousines de la colonelle. Violette: “Le sein était merveilleux de blancheur et de rotondité, il eût rempli le beau creux laissé dans la cendre de Pompéi par celui de l’esclave de Diomède. Contre l’ordinaire des brunes, le bouton était d’un rouge vif, on eût di tune fraise”[10]. De même sont décrits les seins de Florentine et sa beauté : « …les petits fruits rouges qui se dressaient au milieu comme des framboises…»[11].

         La beauté du corps, la beauté d’esprit (il n’y a pas de personnages négatifs dans Les cousines de la colonelle, ni dans Le Roman de Violette, peut-être excepté l’ancien maître de Violette, qui d’ailleurs n’apparaît pas dans la narration  « active », c’est dire il est juste mentionné, mais n’agit pas), la beauté des maisons, des plats, des objets, des vêtements (« Dorothée  avait coupé quelques roses dans les jardinières, dont le salon était garni ; elle les piqua dans les nattes de la coiffure, au corsage de la robe blanche… »[12]) – font partie du théâtre nécessaire à l’amour physique.

         Ce théâtre qui se croise dans Les Cousines de la colonelle avec le Roman de Violette par le symbole du personnage Chérubin, dont le rôle interprète Violette et qui apparaît en jeune homme, timide et adorable, amoureux de Florentine dans Les Cousines, se manifeste comme un jeu qui augmente le degré de l’érotisme.

         Pour inviter chez un homme dans la maison de sa maîtresse, Dorothée se déguise complètement en négresse et annonce au M. de Paliseul que Grenade (le nom que Julia prend pour rester dans l’anonymat – encore un anonymat féminin !) va porter un masque.

         Tout de même malgré la similitude apparente des textes il y a place au caratère différent du traitement du sujet de la défloration. Car si les cousines de la colonelle et surtout Florentine (dans les bras d’un homme agé qu’elle n’aimait point) ont perdu leur virginité un peu par hasard, à peine se rendant compte de ce qui se passait, dans le Roman de Violette Christian, le narrateur, éclaire d’abord pour la jeune fille toutes les difficultés que son choix implique, tout ce qui se produit au moment de la jouissance, quelle est la différence dans le fonctionnement du corp féminin et masculin. Donc Violette perd sa virginité dans les bras d’un garçon dont elle tombe vraiment amoureuse, et c’est pour cela que le moment même de la jouissance est décrit d’une manière particulière, avec l’emploi de toutes les ruses de la syntaxe et du vocabulaire capables à transmettre la passion : « Oh non, non, dit-elle, va… va… tu me fais mal, mais si tu ne me faisais pas mal, j’aurais trop de bonheur ! J’ai besoin de souffrir, va, continue, ne t’arrête pas. Va, mon Christian, mon bien-aimé, mon ami !… Oh ! c’est de la folie ! C’est de la rage ! c’est du feu !… Oh !Oh !… je meurs… prends mon âme…tiens…………………………………………………………………… »[13].

         Au contraire, dans Les cousines de la colonelle Florentine ne parle pas au moment crucial de la jouissance, et c’est le narrateur qui décrit ce que l’on ne peut pas dérire.

         Le lecteur/la lectrice a l’impression que dans le Roman de Violette, écrit plus tard que Les cousines de la colonelle,l’auteur (s’il est le même) donne la chance à son personnage central (jeune fille sans expérience) de goûter à un amour idéal, qui à son tour et par sa nature entraîne certainement la mort.

Or, on ne peut pas ne pas remarquer que dans les Cousines de la colonelleles femmes restent solitaires après la mort de leurs maris – donc dans Le Roman de Violette la situation se renverse. Et tout de même l’amour s’associe à la mort – ce qui est déjà plus caratéristique pour la littérature érotique du XX siècle.

1.2.         Les Constellations d’images

         Gilbert Durand dans son livre Les structures anthropologiques de l’imaginaire[14] parle de l’existence dans les oeuvres littéraires notamment de vastes constellations d’images, “contellations à peu près constantes et qui semblent structurées par un certain isomorphisme des symboles convergents”[15].Ces constellations d’images paraissent représenter un peu les champs lexicaux, la convergence entre les notions, une certaines homologie d’un discours. En même tempas mais Durand souligne que “Le caractère de sématicité qui est à la base de tout symbole, fait que la convergence joue davantage sur la matérialité d’éléments semblables plutôt que sur une simple syntaxe”[16]. Donc cette sorte de convergence dont il parle constitue une formule du type A est à B ce que A’ est à B’.

         C’est la psychanalyse littéraire qui devient pour Durand et Baudouin le moyen d’esquisser une étude quantitative et quasi statistique de l’isomorphisme. Dans l’étude de la qustion de l’anonymat la psychanalyse littéraire peut constitue une partie de la recherche, comme un supplément de l’analyse statistique mathématique de la structure des textes.

         L’examen de la polarisation des images se distingue de la méthode pure des satistiques par la mode de jugement. Dans le deuxième cas on observe les symboles (les images, les mots) du point de vue de la forme, dans le premier cas – du point de vue de leur force.

         Pourtant le texte littéraire ne présente pas juste un espace plein de symboles. Il est aussi bien un discours, qui, comme l’affirme Durand, « a un fil, un vecteur qui vient s’ajouter aux sens des intuitions premières ». Et l’existence de ce vecteur implique une qualité ontologique du texte c’est dire – le sens progressif, le mouvement, le développement, le dynamisme.

         L’essentiel formant du texte en général et du texte érotique en particulier, le mouvement dans la structure du Roman de Violette et du roman Les Cousines de la colonelle s’organise d’une manière très similaire, d’une manière qui répond à la réflexion de Durand qui dit : « Si méthodologiquement on est forcé de commencer par un commencement, cela n’implique absolement pas, en fait que ce commencement méthodologique et logique soit ontologiquement premier ».

         Ainsi dans Le Roman de Violette,comme dans Les Cousines de la colonelle l’action commence et se termine dans l’indéfini. Le narrateur (dans les deux cas) mentionne, certainement, quelques dates, quelques événements, décrit l’ambiances, la mode et cetera, et grâce à ces détails les lecteurs/lectrices reconnaissent l’époque. Pourtant on sent pas du tout ce lien avec le temps  ou plutôt avec l’histoire. Le temps est plus métaphysique, comme dit Annie Ernaux, « le temps c’est la façon de parler de la mort », alors on peut croire que la mort est la façon de parler du temps. Donc cette unité est bien présente dans la narration. En revanche, l’histoire semble être moins importante, et c’est un peu comme l’effet de l’effacement de tout précision. Il n’existe que le plaisir et l’amour (physique) – qui ne dépendent de rien, sauf des sensations des personnages. Les tas de détails dans les décription sont en quelque sorte appelés à désorienter le lecteur/la lectrice, de créer l’impression de connaissance d’un monde bien exact, de la société concrète, bref de la vie en dehors de l’intimité.

         Dans les Cousines de la colonelle ce procédé est moins visible, parce que le lecteur/la lectrice a l’impression d’assister à des tas de choses : plusieurs vies défilent devant nous dans ce roman-épopée sans qu’on se rende compte de la stabilité remarquable des caractères des personnages et de l’absence totale de changements au niveau des sentiments. Les soeurs, Florentine et Julie, restent vers la fin du roman aussi chercheuses de l’amour, rêveuses  et insatisfaites qu’au début. Et Violette – encore mieux – meurt jeune, sans avoir vraiement vécu.

         La narration dans le Roman de Violette la narration est organisée de la manière encore mois précise, parce ce que si l’auteur réside sur Mars il peut évidemment finir le texte quand et comment il désire. D’ailleurs, son domicile extraordinaire ne fait que souligner le caractère conventionnel de toute information exacte.

         Essayons de ressembler et de comparer les constellations de mots (de symboles), correspondant aux mêmes sujets dans les deux roman. On peut relever des sujets, ou plutôt des thèmes suivants selon la structure des textes : les décriptions (en précisant ce qui est décrit – l’intérieur d’une maison, d’un vêtement, d’une apparence etc.), les réflexions du narrateur, les scènes de connaissance,  les scènes érotiques, les réflexions des personnages.

         Comme le Roman de Violette commence par les réflexions du personnage, commençons nous par là, en notant les mots, liés sémiotiquement, ou qui se répètent.

         Avant-propos du roman, champs lexical de lieu : terre (3), citoyen, planète, domicile, vallée,terrestre, paradis ; de sentiments : spiritualiste, larme, spleen, pécheur, prudence, heureux, pleurer, consolation, fervent, amèrement, amour, amoureux, pudibond, timoré, volupté ; du temps : rétrospectif, bon souvenir, passé, Éternel ; de femme : féminin, jeune fille, lectrice.

         Le premier fragment réflexif du roman Les Cousines de la colonelle présente les méditation de Julia au sujet du mariage probable de sa soeur avec monsieur Vaudrez, beaucoup plus âgé qu’elles.

         Le champs lexical est suivant : de sentiments : troubler, envier, aimer, amour (2 fois),calme, adorer, sincèrement, inquiétude, rmantique, ardeur, agitations ; de nature : nature (2 fois), âme, être, existence (2 fois) ; de la langue : parole, pensée, mot ; du temps : vieillard, vieille fille, mari.

         Même s’il s’agit de deux narrateurs qui n’ont rien à voir l’un avec l’autre, le lecteur/la lectrice arrive bien à remarquer leur complicité, parce que les deux parlent de l’amour et du temps. Et les deux parlent avec une intonation un peu amère, comme si l’amour et le temps n’étaient pas gagnés.

         Il faut aussi noter que les deux personnages qui pensent (Julia et Christian) ont devant eux un interlocuteur-adversaire – pour Christian c’est un mauvais lecteur (« Lecteurs pudibonds, lectrices timorées qui craignez d’appeler un chet un chat et Rollet un fripon, n’allez pas plus loin ; je n’écris pas pour vous»), et pour Julia c’est tout le monde qui voudrait lui imposer un mariage de profit (« Pour vivre une existence de calme et de tisane, de petits soins et de bonheurs réguliers, connus et affadis d’avance ! Jamais, jamais ! »).

         Les deux narrateurs donnent à l’amour une dimension de vie ce qui fait que l’existence devient gagnée ou perdue, heureuse ou malheureuse en fonction de la réussite ou non-réussite de la vie intime.

         La décription joue un grand rôle dans les deux romans, peut-être plus grand dans Les cousines de la colonelle, parce que le Roman de Violette est plus réflexif – encore un indice pour dire que le Roman de Violette a été écrit par une personne plus expérimentée.

         Voyons le champ lexical de la décription dans LesCcousines de la colonelle.

         Première décription. Champ lexical de temps : pluie fine et glacée, décembre, clapotis de l’eau, ruisseaux, tristesse atmosphérique, vent, sa (du vent) voix grondeuse et lugubre, rafale, ébranler ; de lieu : cité, rue, intérieur des maisons (2 fois), salon, régiment, fauteuil ; de physique : respectable, frêle créature , air doux et câlin, prunelle de l’oeil, vigaro ; de sentiment/de caractère : culottes conjugales, volonté calme et inébranlable, indulgence, intelligence, mélancolie, égoïste sensualisme, sentiment, caractère ; de temps : soixante ans, veuve, jeune, cinquantaine d’années.

         Champ lexical de la première déscription dans le Roman de Violette: de lieu: quatrième étage, maison, rue de Rivoli, chambre (2 fois), magasin, rez-de-chaussée, appartement, vue sur les Tuileries, fenêtre (2 fois), château, ville; de nature: jardin, arbre, masse de verdure, feuillage, crépuscule, immobilité, silence (2 fois), nuit, lune (2 fois), cime, rayon, lumière, feuille, somber, noir, azur, ciel; de temps: trete ans, jeune, l’âge; de physique/de caractère: belle, aristocratique, peau blanche, grasse, chevelure d’Eschyle, furieuse, obésité, malheureus, caractère impossible, manie.

         D’après ces premiers champs lexicaux de décription on remarque encore une correspondance entre les deux romans – d’abord aprce que les deux narrateurs choisissent de nouveau à peu près les mêmes centres d’intérêts, et puis, parce que dans ces centres d’intérêts ils choisissent à peu près les mêmes modèles. Le temps qui est différent, mais qui dans les deux cas est assez spectaculaire: une orage dans les Cousines de la colonelle et les nuits de lune dans le jardin des Tuileries dans le Roman de Violette. Et encore une fois le temps – les deux narrateurs sont très dépendants de la question de l’âge, sinon on ne peut pas expliquer pourquoi l’âge est toujours si exactement indiqué.

         Les scènes de connaissance dans les romans érotiques peuvent être très drôles, mais parfois très mystérieuses, parfois hasardeuses, parfois bien préparées. Voyons les exemples des deux romans.

         La scène de la première connaissance dans le Roman de Violette est comme improvisée, parce que les personages se rencontrent par hasard. Donc du point de vue syntaxique leur dialogue présente une interview, les questions, souvent très rusées de Christian et les réponses naïves de Violette qui a raconté sa fuite du mari dépravé de sa maîtresse:

         “- Parce qu’il voulait toujours m’embrasser.

-         Bah!

-         Il me poursuivait dans tous les coins et je n’osais jamais aller sans lumière dans l’arrière-boutique, car j’étais sûre de l’y trouver.

-         Et cela vous déplaisait qu’il voulût vous embrasser?

-         Oh oui! Beaucoup!

-         Et pourquoi cela vous déplaisait-il?”[17].

Par ce genre de questions Christian arrive enfin à embrasser Violette.

La connaissance entre les personnage se prolonge dans le deuxième chapitre en se transformant en initiation à l’amour et en apprentissage de ce que signifie la nature masculine et féminine.

 “- La femme, en naissant, lors de la Création, repris-je, a incontestablement reçu du Créateur les mêmes droits que l’homme : ceux de suivre ses instincts naturels (…).

Les hommes, en dictant ces lois aux femmes, se sont réservé le droit de satisfaire leurs passions sans réfléchir qu’ils ne pouvaient donner un libre cours à ces passions qu’en faisant  manquer les femmes aux devoirs qu’ils leur avaient tracés (…).

-         Cest une grande injustice cela, dit Violette”[18].

La première partie du roman Les Cousines de la colonelle n’est pas riche en scènes de connaissance. Tout le monde se connaît déjà. Ainsi la connaissance entre Georges et Florentine se révèle en même temps être une scène érotique, et le premier dialogue entre Julie et Gaston – une déclaration d’amour.

“Qu’avez-vous ? demanda la jeune fille, essayant  par cette interrogation de se soustraire au malaise qui l’invahissait.

-         J’allais vous faire la même question, répliqua le jeune homme en souriant, mais

puisque vous avez pris les devants, je vais vous dire tout bas, bien bas, ce que je désirais ardemment avoir le droit de crier tout haut. J’ai, ma Julia adorée, que je vous aime comme un fou !”[19].

Alors dans les deux romans le lecteur voit des images très classiqes des femmes et des hommes. Même si les personnages sont différents, leur comportement est typique et pareil. L’homme se manifeste comme un initiateur – fort et sûr de lui, et la femme – comme naïve à tel point que sa naïveté semble parfois peu crédible. Tandis que les hommes font plutôt joueur, ils interprètent des rôles, inventés d’avance.

En regardant les champs lexicaux, on obtient des résultats différents, car le contexte n’est pas le même dans les deux cas. Or, la syntaxe traduit la similitude incontestable : les points d’interrogation, d’exclamation, le rythme des passages ayantle sens pas du tout proche, mais le même but c’est dire –  la séduction. Mettons ces deux phrases l’une à côté de l’autre : “Les hommes, en dictant ces lois aux femmes, se sont réservé le droit de satisfaire leurs passions sans réfléchir qu’ils ne pouvaient donner un libre cours à ces passions qu’en faisant  manquer les femmes aux devoirs qu’ils leur avaient tracés” et “… je vais vous dire tout bas, bien bas, ce que je désirais ardemment avoir le droit de crier tout haut. J’ai, ma Julia adorée, que je vous aime comme un fou !”.

         Jean-Marie Goulemot dans son ouvrage Ces livres qu’on ne lit que d’une main[20] dit que  l’art de séduction est l’art de la persuasion, ce qui est pleinement montré dans le Roman de Violette et Les cousines de la colonelle. En même temps si les conversations qui éclairent les femmes et encouragent les hommes sont beaucoup plus courtes dans les deux romans mentionnés que, par exemple, dans les romans du XVIII siècle. La parole cède très vite la place à l’érotisme.

         Prenons maintenant deux scènes érotiques – une de chaque texte, en commençant par le Roman de Violette et son champ lexical : de corps : doigt, bras, tête, poitrine, bouche, corps, lèvres, mains, chose inconnue (pénis), cuisses ; de son : répondre, cri, plainte, balbutier, soupir, murmurer, s’écrier, rugissement, silence, dire, répéter ; de la mort/vie : étouffer, immobile, morte (4), respirer, vie, vivre, souffrir, bonheur ; d’exclamation : “Je veux”, “Va”, “Continue” , “Ne t’arrête pas”, “C’est de la folie”, “C’est de la rage”, “C’est du feu”, “Je meurs”, “Prends mon âme”.

         Dans ce rassemblage il faur remarquer deux choses : l’absence presque totale du mot “amour ”, quoiqu’il apparaît en quelques moments, par exemple, dans la combinaison “mon bien-aimé”. En même temps le verbe “vouloir” est très fréquent. En embrassant le jeune homme, Violette ne dit pas “Je t’aime”, mais “je veux” — le changement radical de la vision de l’acte sexuel est de présence.

         Prenons le champ lexical du roman Les Cousines de la colonelle : de corps : bras, lèvres, épaules, seins, doigt, bouche, cuisses, genoux, jambes, yeux, instrument perforateur (pénis), flèche (pénis), bouton charmat (clitoris) ; du mariage : vie de femme, cet inconnu, devoir, mari, domination.

         L’acte sexuel est pas très sexuel dans Les cousines de la colonelle, malgré la répétition importune du mot “amour” : “Tu m’aimes, tu m’aimeras, ma jolie, mon adorée petite femmes”, — dit Georges.

         Le remplacement du verbe “aimer” par le verbe “vouloir” témoigne du développement de l’esprit de l’écrivain, si on imagine le même pour les deux romans.

         Le plus curieux est que dans les deux romans les scènes les plus vécues comme éveillant le désir extrême et donc aboutissant au sommet ultime de la littérature érotique ce sont celles avec la participations des deux femmes. Peut-être que ce fait vient de ce que Gilbert Durand appelle “le paradoxe de l’ambiguïté psycho-sociale du symbole” : “Toute la répartition sexuisemblancielle est dirigée par la conception active du masculin et passive du féminin. En français tout ce qui est différencié, désexualisé, tous les pullisemblants, tout ce à quoi se prête une âme active, tout ce qui est figé dans une délimitation précise, méthodique et en quelque sorte matérielle, est masculin. (…)… cette nuance linguistiquement bien spécifiée vient jouer sur le fond universel des représentations les plus élémentaires de la féminité et de la masculinité”[21].

Tout ceci pour dire que les rapports sexuels entre les femmes se basent dans une certaine mesure sur la langue – calembour involontaire.

En quelque sorte Gilbert Durand dans son livre Les structures anthropologiques de l’imaginaire fait de la femme le centre de la concentration de l’énergie sexuelle et de la symbolique sexuelle. Ainsi la chute, comme le symbole du temps vécu, représente à son avis la chute  sexuelle comme défloration – moment crucial des deux romans analysés : “Les menstrues sont en effet souvent considérées  comme les suites secondaires de la chute. On aboutit ainsi à une féminisation du péché originel qui vient converger avec la misogynie que laissait transparaître la constellation des eaux sombres et du sang”[22]. Donc, puisque du point de vue de la grammaire, mais aussi du point de vue de la psychologie freudienne, la femme apparaît comme l’incarnation de la sexualité ultime, ce n’est pas par hasard que les écrivains du genre érotique s’intéressent tellement aux relations sexuelles entre les femmes.

 À cet égard il est curieux d’observer la différence entre la description de l’amour lesbien par les femmes et par les hommes.

Prenons deux exemples fiables : Les Couines de la colonelle et Gamiani, deux nuits d’excès. Heureusement les deux auteurs s’inscrivent dans le nombre d’auteurs probables du Roman de Violette.

Premièrement, les scènes d’amour lesbien sont organisées de manière différente selon la forme. Les paroles de la comtesse Gamiani et Fanny sont construites comme un dialogue d’une pièce de théâtre quoique entrcoupé par le monologue du narrateur-voyeur :

“Fanny

Pour celui-là, je ne vous le passe pas : franchement, vous êtes plus blanche que moi.

Gamiani

Vous n’y pensez pas, enfant !… Otez donc tout comme moi. Quel embarras ! On dirait devant un homme. Là ! Voyez dans la glace… Comme Pâris vous jetterait la pomme… Friponne ! Elle sourit de se voir se belle… Vous méritez bien un baiser sur votre front, sur vos joues, sur vos lèvres… Elle est belle partout, partout… La bouche de la comtesse se promenait, lascive, ardente, sur le corps de Fanny, interdite, tremblante. Fanny laissait tout faire et ne comprenait pas.”[23].

Dans Le Roman de Violette il y a aussi deux femmes, dont une est plus expérimentée que l’autre, mais leurs paroles sont organisées en dialogue de la narration ordinaire.

“Sens-tu mon coeur qui bat contre ta poitrine ! Ah ! s’il pouvait baiser le tien comme je baise ta bouche !…s’il pouvait… sens-tu ?

-         Oui, murmura Violette, qui commençait à ressentir les premières titillations du plaisir. Oui, ton doigt, n’est-ce pas ?

-         Tu es si jeune, si peu formée encore que je sens à peine le cher petit bouton d’amour qui donne la fleur de vie à toute nature. Ah ! si fait, le voilà !”[24]

Dans Les Cousines de la colonelle il semble qu’il n’y a pas de voyeur, donc tout est décrit par le narrateur :

“Ah ! que me fais-tu ?

-         Pas grand-chose … encore… mais je veux te faire mourir de bonheur.”

Et, continuant ce manège… la jeune femme se souvenant… passa une langue ardente sur le monticule rose, qui se gonfait sous ses caresses, et le chatouilla ; puis, descendant avec un mouvement de va-et-vient raisonné, lui fit pénétrer par moments jusqu’à l’entrée du vagin”[25].

Dans les deux romans il y a un homme qui soudain intervient dans l’action.

Roman de Violette :

“C’était le moment convenu, je sortis en rampant du cabinet.

Suis-je bien comme cela ? demanda Odette avec un charmant mouvement des fesses qui acheva de lui faire perdre son assiette.

-         Oui, je crois, répondit Violette.

-         Là, maintenant, fais ma raie, écarte-moi le poil des deux côtés .

Je suivis à la lettre les instructions qui étaient données à ma petite amie”[26].

 

Gamiani :

“J’étais étourdi, comme fou. Je m’élançai sur la belle Fanny, nu, tout en feu pourpre, terrible.

Elle eut à peine le temps de comprendre cette nouvelle attaque que, déjà triomphant, je sentais son corps souple et frêle trembler, s’agiter sous le mien, répondre à chacun de mes coups. Nos langues se croisaient, brûlantes, acérées, nos âmes se fondaient en une seule”[27].

Les cousines de la colonelle :

“Ah ! mon Dieu ! Mais qui est là ?

-         Que madame ne bouge pas, répondit une voix connue, c’est moi… Dorothée, la femme de chambre. Oh ! il y a longtemps que, si j’avais osé !…

-         Vous vous êtes décidée, à ce qu’il paraît ; en ce cas, puisque vous avez si bien commencé, continuez » dit Julia, en se penchant sur la poitrine de Florenceet en tendant ainsi à sa camériste, d’une manière plus accentuée, les deux proéminences dont la nature l’avait douée”[28].

La principale différence entre les apparition de l’homme est que dans Les Cousines de la colonelle et Le Roman de Violette l’homme est fictif. Le plaisirs qu’il donne sont les mêmes que donnent les femmes. Dans Les cousines de la colonelle l’homme n’est même pas un homme, c’est une femme de chambre – Dorothée, qui en tant qu’hermaphrodite de Florence dans le Roman de Violette, joue le rôle d’un homme, offrant à ses maîtresses un plaisir ultime. Dans le Roman de Violette l’homme est un homme, mais qui n’intervient pas vraiment dans le coït – Christian ne participe dans l’amour des femmes que la première fois, après –  entre en vigueur le « contrat » entre lui et la comtesse. Mais ce qui est plus important encore c’est que dans les scènes véritables d’amour lesbien (entre la comtesse et Florence, parce que Violette n’est lesbienne proprement dit) l’homme n’intervient pas du tout. Donc dans Les Cousines de la colonelle et dans le Roman de Violette l’homme dans l’amour des femmes n’existe pas. Propriété de la littérature féminine ? On ne sait pas exactement.


[1] Vicomtesse de Coeur-Brûlant. Les Cousines de la colonelle. Paris, Euredif, 1977. P. 250.

[2] Vicomtesse de Coeur-Brûlant. Les Cousines de la colonelle. Paris, Euredif, 1977. P. 22.

[3] Vicomtesse de Coeur-Brûlant. Les Cousines de la colonelle. Paris, Euredif, 1977. P. 22.

[4] Vicomtesse de Coeur-Brûlant. Les Cousines de la colonelle. Paris, Euredif, 1977. P. 29.

[5] Vicomtesse de Coeur-Brûlant. Les Cousines de la colonelle. Paris, Euredif, 1977. P. 108.

[6]Brossard N. Piano blanc, Québec, L’Hexagone, 2011.

[7] Vicomtesse de Coeur-Brûlant. Les Cousines de la colonelle. Paris, Euredif, 1977. P. 1.

[8] Vicomtesse de Coeur-Brûlant. Les Cousines de la colonelle. Paris, Euredif, 1977. P. 236.

[9] Vicomtesse de Coeur-Brûlant. Les Cousines de la colonelle. Paris, Euredif, 1977. P. 127.

[10] de Mannoury d’Ectot La Marquise H. Roman de Violette. Paris, Serpente à plumes, 2002. P 27.

[11] Vicomtesse de Coeur-Brûlant. Les Cousines de la colonelle. Paris, Euredif, 1977. P. 27.

[12] Vicomtesse de Coeur-Brûlant. Les Cousines de la colonelle. Paris, Euredif, 1977. P. 54.

[13] de Mannoury d’Ectot La Marquise H. Roman de Violette. Paris, Serpente à plumes, 2002. P. 49.

[14] Durand G. Les structures anthropologiques de l’imaginaire. Paris, Dunod, 1992.

[15] Durand G. Les structures anthropologiques de l’imaginaire. Paris, Dunod, 1992. P. 44.

[16] Durand G. Les structures anthropologiques de l’imaginaire. Paris, Dunod, 1992. P. 41.

[17] de Mannoury d’Ectot La Marquise H. Roman de Violette. Paris, Serpente à plumes, 2002. P. 15.

[18] de Mannoury d’Ectot La Marquise H. Roman de Violette. Paris, Serpente à plumes, 2002. P. 38.

[19] Vicomtesse de Coeur-Brûlant. Les Cousines de la colonelle. Paris, Euredif, 1977. P. 35.

[20] Goulemot J. M. Ces livres qu’on ne lit que d’une main. Paris, Minerve, 1994.

[21] Durand G. Les structures anthropologiques de l’imaginaire. Paris, Dunod, 1992. P. 453.

[22] Durand G. Les structures anthropologiques de l’imaginaire. Paris, Dunod, 1992. P. 124.

[23] de Musset A. Gamiani ou deux nuits d’excès. Editions l’Escalier, 2010. P. 11.

[24] de Mannoury d’Ectot La Marquise H. Roman de Violette. Paris, Serpente à plumes, 2002. P. 47.

[25] Vicomtesse de Coeur-Brûlant. Les Cousines de la colonelle. Paris, Euredif, 1977. P.  153.

[26] de Mannoury d’Ectot La Marquise H. Roman de Violette. Paris, Serpente à plumes, 2002. P. 56.

[27] de Musset A. Gamiani ou deux nuits d’excès. Editions l’Escalier, 2010. P. 17.

[28] Vicomtesse de Coeur-Brûlant. Les Cousines de la colonelle. Paris, Euredif, 1977. P. 146.

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